
Et si... tu te mettais au rendez-vous?
Ce n'est pas un secret pour personne, une version de moi est (très) sédentaire. Je tends à changer ça, de plus en plus! Je me raconte un peu... histoire que tu comprennes que tu n'es pas seul.e dans ce cas... si c'est le cas. (Sinon, je t'admire, sache-le!)
Née voilà quelques temps, juste après les dinosaures (bon, c'est à peu près ce que mes enfants disent haha) dans le Nord de l'Ontario, en 1974... 17 pouces et demi, 5 livres et 3 oz... et les 2 pieds bots. Solidement bots.
Première opération à 3 jours, 2e à 3 mois, 6 mois... 5 ans... 14 ans et 19 ans. Parfois les deux jambes, parfois juste une. Mes premiers pas se font à 14 mois parait-il!
J'ai porté toutes sortes de trucs : des prothèses, des barres entre les jambes maintenues par des bottines de nuit, des bottines de jour, etc. etc.
Aujourd'hui, mes 2 chevilles ne plient qu'à moitié. Mon pied gauche monte, mais ne pointe pas. Mon pied droit, lui, pointe... mais ne monte pas! Je rigole à dire que ce n'est pas grave, car en position debout, ils se rejoignent ;)
Les nombreuses opérations ont réussi à faire en sorte que mes jambes me permettent de marcher... même si ce n'est pas parfait.
Petite, j'ai eu mon lot de culbutes et de chutes. À vélo, à pied, en courant... j'arrivais même à tomber parfois juste en étant debout! (Faut le faire quand même... je sais... on n’a pas tous ce talent ;) )
À l'école secondaire, je n'ai pas fait d'éducation physique de secondaire 3 à 5. Je te raconte tout ça pour que tu puisses faire des ponts avec ta propre vie. On a tous des "raisons".
Jusqu'à ce que j'aie une voiture, j'ai beaucoup fait de vélo. Ensuite... j'ai conduit. Même à l’époque où j’étais jeune et mince, chaque balade à pied un peu trop longue se payait la nuit, dans mes jambes douloureuses.
Alors, je me suis assise... de plus en plus confortablement.
En réalité, je n'ai pas développé l'amour du sport... ni cette discipline. Parce que oui, je pense que tous les sportifs ont cette discipline bien ancrée en eux. Je les admire, que ce soit les gens qui sortent marcher en même temps que le soleil se lève, que ceux qui vont au gym, qui jouent au tennis, au badminton ou font des cours de spinning... sans compter les marathons, 5 km ou IronMan!
Moi, je me suis vendue l'idée (avec raison oui d'un côté!) que je suis chanceuse de marcher! Ma naissance annonçait une fille en chaise roulante. J'avais les chevilles à la place des talons... pas super confortable pour marcher j’imagine... ;)
J'ai donc développé l'art de la gratitude... et de la paresse physique.
1 + 1 : 2... le poids de la paresse s'est laissé inviter.
Est-ce que je m'en veux ? J'ai pris le temps de réfléchir à cette question. Pour vrai. Et non, je ne m'en veux pas.
Par contre... est-ce que je suis confortable ainsi ? Est-ce que j’aime le reflet de cette femme que je croise dans le miroir? Non plus.
Bon, elle a de beaux yeux, de beaux cheveux... si je m'en tiens là... ça va.
Mais je ne sais pas chez toi, mais moi... y'a ça, un miroir "plein pied".
Et il y a ça aussi... des appareils photos, des cellulaires... qui me renvoient le reflet de qui je suis, là, en ce moment.
Donc... ça m'aura pris (plusieurs) quelques décennies pour comprendre que :
Je ne suis pas que ça
Je mérite de m'accorder du temps
J'ai le choix de faire autre chose pour avoir des résultats différents
C’est pourquoi je me suis engagée avec vous à faire le nécessaire pour que le sport sorte de cet état méditatif et qu’il vienne enfin bouger cette lymphe engorgée. Depuis que j’en ai parlé, je travaille debout deux fois par jour et je descends maintenant les escaliers un pied après l’autre — et non plus les deux sur la même marche. C’est déjà, pour moi, un signe que mon corps recommence à vivre.
La théorie, je la connais. J'en ai passé des heures (bien assise) à lire, à chercher la solution miracle. J'ai aussi pris le temps de vérifier les solutions médicales... et j'ai choisi que non.
Je ne juge pas ceux qui le font, que ce soit les médicaments injectables ou les chirurgies. Ce n'est pas le chemin que je souhaite emprunter.
Je choisis de me choisir. Parce que je mérite d'aimer mon corps autant que je peux aimer le reste.
Je sais que je suis une belle personne, avec ses qualités et ses défauts. Ces cicatrices que je porte sur mes jambes ne doivent plus être une excuse. Elles doivent être celles qui me disent :
"Hey championne... tu n'as pas traversé tout ça pour quand même être assise tout le temps?"
D'écrire ceci est un choc. Aussi vrai que tu lis ceci (si tu t'es rendu là... merci!) je viens d'en prendre conscience.
C'est comme si j'étais destinée à être assise dans une chaise roulante... et que je l'ai remplacée par une chaise de bureau.
Ouf ! Quelle belle prise de conscience.
Je ne cherche pas à courir plus vite. Je cherche à vivre plus vrai.
À sentir la vie circuler dans mes jambes, dans mon souffle, dans mes rires.
Parce que je n’ai pas traversé tout ça pour m’asseoir à nouveau.
J’ai traversé pour me lever. Pour marcher vers moi.
Et si, toi aussi, tu te donnais ce rendez-vous? Pas forcément au niveau du sport, mais dans un défi que tu peux vivre en ce moment...
Pas pour performer, pas pour cocher une case, mais pour renouer avec ce mouvement intérieur qu’on oublie parfois.
Celui qui fait battre le cœur un peu plus fort, qui redonne de la couleur aux journées ternes, qui te rappelle que tu es bien plus vivante que tu ne le crois.
Et si, toi aussi, tu choisissais de marcher vers toi — un pas après l’autre, une respiration à la fois?
Je te vois ❤️
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